Synopsis


Des pétitions, nous en signons de plus en plus sur internet.

Mais que deviennent réellement ces clics une fois nos signatures récoltées ?

En lançant #YesWeGraine, pétition destinée à préserver les semences traditionnelles, Alexandre et Jonathan ont mis en lumière la puissance du pouvoir citoyen.

D’espoirs en désillusions, des potagers à la COP21, du Mexique au Sénat, Des Clics de Conscience fait germer le désir d’une reconquête démocratique.


L’HISTOIRE


A l’origine, la graine…

Bouleversés par leur rencontre avec un célèbre paysan mexicain, Don José Carmen, cultivateur de légumes géants dont les rendements extraordinaires s’appuient sur des techniques ancestrales sans produits chimiques, Alexandre et Jonathan sont alors alertés par le danger que représentent les lobbys de l’agro-industrie pour le bien commun.

A leur retour en France, c’est à travers le combat pour la préservation des semences traditionnelles, que les deux cousins se mobilisent aux côtés des jardiniers-citoyens.

En réalisant la websérie « Jardiniers, Levez-vous ! » nos deux citadins médiatisent l’absurdité de la règlementation européenne du marché des semences, pour devenir les interprètes des derniers gardiens de la biodiversité cultivée.

Cette résistance jardinière, héroïque, n’est malheureusement pas suffisante pour préserver notre patrimoine alimentaire…

Encore aujourd’hui, la grande majorité des semences dont disposent les agriculteurs dans le catalogue officiel sont des hybrides F1, dites « non-reproductibles », et contraignent les professionnels à racheter chaque année leurs graines à quelques multinationales les ayant brevetées.

Partout sur notre territoire, des jardiniers amateurs qui ne sont pas soumis aux mêmes rigidités règlementaires que les agriculteurs « font leur part » et s’insurgent pacifiquement en reproduisant et conservant les semences de variétés traditionnelles.

La pétition

Tout commence le 4 juin 2015 lorsque Alexandre et Jonathan lancent leur pétition #YesWeGraine sur Mesopinions.com pour demander la libre utilisation des semences paysannes.

À cet instant, ils ne savent pas encore que leur initiative les poussera à décrypter les rouages de la démocratie.

En l’espace de deux semaines, ils recueillent 20 000 signatures. Forts de ces soutiens, ils se promettent de mener cette revendication le plus loin possible pour impulser un changement concret.

Mais encore faut-il savoir ce qu’il est possible de faire avec une pétition entre les mains ?

Ils entreprennent alors de rencontrer les grands acteurs du monde des pétitions (BLOOM association, CHANGE.org, Collectif STOP TAFTA) et s’aperçoivent des défaillances de notre système démocratique pour impliquer le citoyen dans les décisions politiques.

Très vite, ils comprennent qu’il n’existe pas d’encadrement juridique pour le droit de pétition, et c’est désormais vers les parlementaires qu’ils se tournent pour faire aboutir leur revendication.

Sans démocratie directe il faut trouver un relais politique et c’est grâce à Joël Labbé qu’ils trouvent une porte d’entrée au parlement. Ce sénateur est à l’origine de la première loi rédigée collectivement sur la plateforme de consultation “Parlement & Citoyens” et milite ardemment pour rétablir des ponts entre le politique et les citoyens.

Cette toute nouvelle expérience donna une idée folle à nos acolytes : eux aussi allaient réussir à co-écrire la loi, mais cette fois-ci, les citoyens en seront à l’initiative.

La démocratie contributive

En effet aujourd’hui le droit d’amendement est le privilège des parlementaires, et les citoyens souhaitant s’inscrire dans un processus démocratique doivent obligatoirement chercher un relais politique pour faire entendre leurs voix au parlement.

Profitant d’une synchronicité avec le passage du texte de loi sur la biodiversité en séance au sénat, Alexandre & Jonathan reformulent leur pétition en 2 amendements qu’ils déposent sur la plateforme Parlement & Citoyens.

Mais c’est bien grâce aux milliers de signataires de la communauté #YesWeGraine qu’ils peuvent interpeller les sénateurs pour que leurs amendements soient votés favorablement.

Cette aventure-documentaire incarnée naïvement par deux jeunes personnages persévérants s’est déroulée sur 7 mois palpitants.

Le film suggère l’éclosion d’un lobbying citoyen tourné vers le bien commun, pour tracer la voie de notre future démocratie.

LA NÉCESSITÉ D’UN DROIT D’AMENDEMENT CITOYEN

Tout au long de cette aventure, un constat apparaît : le numérique permet de repenser la place du citoyen dans la démocratie en facilitant son implication dans les débats publics.

À l’inverse, il n’existe aucun dispositif au sein de la Ve République permettant de faire reconnaître une pétition et encore moins d’impliquer les citoyens dans l’écriture des lois.

C’est pourquoi nous reprenons l’idée émise dans le film par le député Olivier Faure d’instituer un droit d’amendement citoyen permettant, à condition d’avoir réuni 5000 soutiens sur une proposition, de faire débattre et voter des articles de lois soumis par les citoyens dans les projets de loi votés à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Il peut paraître surprenant, après l’investigation menée, d’utiliser l’outil pétitionnaire pour qu’une revendication comme celle-ci aboutisse. Elle nécessiterait en effet une réforme de la constitution !
Mais nous espérons que cette idée, de part le nombre de ses soutiens, trouvera un écho médiatique, poussant les élus à prendre position sur la question.

D’autres plateformes proposent dès à présent de solliciter les parlementaires pour travailler en transparence avec la société civile, c’est le cas de Parlement & Citoyens qui invite systématiquement les citoyens à prendre part aux débats législatifs et Questionnez vos candidats qui permet d’interpeller les futurs législateurs.

UNE EXPÉRIENCE DÉMOCRATIQUE

Comment imaginer que vive un film sur la démocratie sans que sa création ne le soit ?
C’est ce que nous nous sommes dit en cherchant les financements pour terminer la production, et c’est grâce aux 226 contributeurs de «crowdfunding» que nous y sommes parvenus.
Sans même le savoir, ces participants nous ont soufflé l’idée d’aller plus loin : en faire une distribution collaborative.

C’est ainsi que nous nous sommes associés avec Ligne 7 & Kamea Meah (les distributeurs du film « En quête de sens ») pour que le film puisse vivre auprès des mouvements et des associations.

Parce que « Des Clics de Conscience » a vocation à vivre au travers d’échanges et de débats, notre souhait est que ce film puisse être vu partout, par tous (en respectant la chronologie des médias).

Pour cela, nous mettons en place des animations permettant de repenser la place du citoyen et de montrer le rôle que chacun peut jouer dans la construction des lois.